Kodai Sano : pourquoi le milieu japonais est l’un des talents à suivre

Foot Japon

8/15/2026

Kodai Sano avec le maillot du Japon dans un stade de football
Kodai Sano avec le maillot du Japon dans un stade de football

Un parcours qui l’a rapidement conduit vers l’Europe

Des débuts au Japon jusqu’à Fagiano Okayama

Né le 25 septembre 2003 à Tsuyama, dans la préfecture d’Okayama, Kodai Sano découvre le football au FC Viparte, où il évolue jusqu’à la fin du collège. Il rejoint ensuite Yonago Kita High School, dans la préfecture voisine de Tottori, et s’impose rapidement comme l’un des joueurs importants de l’équipe. Ses performances lui permettent alors de décrocher une place dans le football professionnel avec Fagiano Okayama, le club de sa préfecture, qu’il rejoint en 2022.

Très vite, le milieu de terrain s’installe également dans les sélections de jeunes japonaises. En 2022, il participe aux qualifications pour la Coupe d’Asie U20 et débute notamment au milieu de terrain avec la sélection U19. Quelques mois plus tard, il figure dans le groupe japonais retenu pour la Coupe d’Asie U20 2023 en Ouzbékistan. Le tournoi lui offre une première exposition internationale importante : Sano prend part à la campagne japonaise, notamment lors du succès contre la Chine en phase de groupes et du quart de finale remporté face à la Jordanie.

Cette expérience ne passe pas inaperçue. Sano enchaîne ensuite avec la Coupe du monde U20 2023 en Argentine, où il est titulaire à chaque rencontre du Japon. C’est précisément lors de ce tournoi que NEC Nimègue approfondit son intérêt pour le jeune joueur. Le club néerlandais explique l’avoir suivi attentivement et apprécie notamment sa technique, son activité ainsi que sa capacité à évoluer sur plusieurs positions offensives.

Le pari de NEC Nimègue en 2023

Le 17 août 2023, à seulement 19 ans, Kodai Sano quitte donc Fagiano Okayama pour rejoindre NEC Nimègue. Le club néerlandais lui offre un contrat de cinq ans, jusqu'à l'été 2028, et mise clairement sur un joueur encore en phase de développement.

Le choix est loin d’être anodin. Pour Sano, il s’agit de quitter pour la première fois le Japon et de se confronter à un championnat européen. Pour NEC, l’opération consiste à accompagner la progression d’un milieu déjà remarqué sur la scène internationale chez les jeunes.

L’adaptation doit pourtant être rapide. Quelques semaines seulement après son arrivée, Sano découvre officiellement l’Eredivisie avec NEC. Son premier adversaire n’est autre que le PSV, le club qu’il finira par rejoindre quelques années plus tard. Cette première apparition constitue le véritable point de départ de son aventure européenne et ouvre une nouvelle séquence dans une carrière qui, jusque-là, s’était construite exclusivement au Japon.

À NEC, Kodai Sano franchit un véritable cap

Une progression saison après saison

Au sein du club de Nimègue, Kodai Sano ne se contente pas de découvrir l'Eredivisie : il y construit progressivement sa place. Sa première saison néerlandaise, en 2023/24, témoigne déjà d'une adaptation rapide avec 31 apparitions toutes compétitions confondues, 6 buts et 3 passes décisives. En championnat, le milieu japonais dispute 24 rencontres, auxquelles s'ajoutent six matches de Coupe des Pays-Bas et une apparition en barrages de Ligue Europa Conférence.

La saison suivante, son rendement offensif recule légèrement, mais sa présence reste régulière. Sano participe à 28 rencontres, dont 25 en Eredivisie, pour 3 buts et 2 passes décisives toutes compétitions confondues. Surtout, son utilisation évolue : il est davantage aligné dans l'axe, avec des apparitions comme milieu central ou milieu défensif, signe d'une palette qui s'élargit au fil de son expérience.

Le véritable saut intervient en 2025/26. Sano prend part à 39 matches, son total le plus élevé depuis son arrivée aux Pays-Bas. Il boucle l'exercice avec 3 buts et 8 passes décisives, dont 3 buts et 7 passes décisives en 34 rencontres d'Eredivisie. À l'échelle de son passage à NEC, le bilan atteint ainsi 98 apparitions, 12 buts et 13 passes décisives.

L'exercice 2025/26 a changé son statut

Cette montée en puissance statistique accompagne la meilleure saison de NEC sur la période. Le club termine troisième de l'Eredivisie et atteint la finale de la Coupe des Pays-Bas, tandis que Sano s'impose comme l'un des éléments réguliers de l'équipe. Son évolution se lit également dans les positions occupées.

En 2023/24, Transfermarkt recense des apparitions comme ailier gauche, milieu offensif, milieu central et ailier droit. La saison suivante, le Japonais est principalement utilisé dans l'axe, avec des passages comme milieu central et milieu défensif. En 2025/26, le milieu central devient nettement sa position de référence, avec 33 apparitions recensées à ce poste en Eredivisie.

Cette trajectoire explique en partie pourquoi son statut change. Sano n'est plus seulement apprécié pour sa capacité à apporter dans les trente derniers mètres : il gagne en responsabilité dans l'entrejeu et affiche une régularité suffisante pour s'installer dans la durée. En trois saisons, le pari tenté par NEC s'est transformé en véritable réussite sportive, jusqu'à attirer l'attention d'un club d'un tout autre standing.

Quel est le profil de Kodai Sano ?

Un milieu polyvalent aux multiples facettes

À 1,76 m pour 68 kg, Kodai Sano ne correspond pas au profil d'un milieu uniquement construit autour de son impact physique. Sa première qualité se situe davantage dans sa capacité à se déplacer, à participer au jeu et à changer de zone selon les besoins de son équipe. On doit souligner notamment sa technique et sa vitesse, ainsi que sa faculté à évoluer sur les côtés, derrière l'attaquant ou comme milieu relayeur.

Cette polyvalence explique aussi pourquoi son positionnement a évolué au fil de son passage aux Pays-Bas. À ses débuts, Sano pouvait être utilisé plus haut ou sur un côté. Progressivement, son registre s'est recentré dans l'entrejeu. Cette évolution lui permet d'être davantage impliqué dans la construction tout en conservant la capacité de se projeter lorsque l'espace s'ouvre.

Son jeu repose ainsi sur la mobilité plutôt que sur une spécialité unique. Il peut venir chercher le ballon, accompagner une attaque, se rendre disponible entre les lignes ou élargir le jeu. Cette variété lui donne une certaine liberté et rend son profil particulièrement intéressant dans un football où les milieux doivent être capables de remplir plusieurs fonctions au cours d'une même rencontre.

Une évolution vers un rôle plus axial

Le changement est particulièrement visible dans son utilisation à NEC. Après avoir connu plusieurs positions lors de sa première saison européenne, Sano s'installe progressivement dans l'axe. Les données de ses trois exercices au club montrent cette transformation : le milieu central devient sa position de référence, avec une présence de plus en plus régulière dans cette zone.

Ce déplacement vers le cœur du jeu ne signifie pas pour autant qu'il abandonne ses qualités offensives. Ses 8 passes décisives en 2025/26, son meilleur total sur une saison à NEC, illustrent au contraire sa capacité à continuer de peser dans le dernier tiers tout en assumant davantage de responsabilités au milieu.

C'est précisément cette évolution qui donne aujourd'hui davantage de relief à son profil. Sano n'est plus seulement un joueur capable de faire la différence par sa mobilité ou sa technique : il apprend à organiser son activité depuis une position plus centrale, avec davantage de responsabilités dans les deux phases du jeu.

Le PSV a d'ailleurs identifié cette évolution en le considérant comme un numéro 6 dynamique, capable de fournir une forte intensité et de jouer sous pression. Cette lecture du club néerlandais constitue une étape supplémentaire dans la transformation d'un joueur qui, quelques années plus tôt, évoluait encore principalement dans des rôles plus offensifs.

Pourquoi le PSV a-t-il misé sur Kodai Sano ?

Un profil qui correspond aux exigences du club

Le choix du PSV ne repose manifestement pas sur une simple opportunité de marché. Le club suivait Kodai Sano depuis un certain temps et l'avait placé très haut dans sa liste de priorités. Après trois saisons à NEC, le Japonais avait surtout acquis une qualité particulièrement recherchée au plus haut niveau : la capacité à répéter les efforts tout en restant impliqué dans le jeu.

Earnest Stewart, directeur du football du PSV, résume précisément ce qui a convaincu le club : Sano est capable d'apporter une forte intensité et de s'intégrer au style de jeu de l'équipe. Cette lecture correspond à l'évolution observée à NEC, où le Japonais a progressivement pris davantage de responsabilités dans l'axe.

Le PSV ne recrute donc pas uniquement un jeune milieu japonais au potentiel intéressant. Le club mise sur un joueur qui possède déjà une expérience conséquente de l'Eredivisie et dont les caractéristiques peuvent répondre aux exigences d'un niveau supérieur. Sa capacité à évoluer sous pression a également retenu l'attention de la direction sportive.

Les qualités qui ont convaincu Eindhoven

Pour Earnest Stewart, l'un des principaux atouts de Sano réside dans cette combinaison entre intensité et marge de progression. À 22 ans, le milieu japonais possède déjà une solide expérience du football néerlandais tout en conservant une importante capacité de développement. Son activité constitue un autre argument. Sano sort d'une saison 2025/26 particulièrement dense et régulière en termes de performances.

Le PSV a également été séduit par son comportement dans les moments exigeants. Stewart souligne sa capacité à performer sous pression et à prendre ses responsabilités malgré son jeune âge. Pour un club habitué aux premières places de l'Eredivisie et aux rendez-vous européens, cette dimension mentale compte autant que les qualités techniques.

Le recrutement de Sano apparaît ainsi comme la rencontre de deux trajectoires : celle d'un joueur dont le rôle s'est progressivement élargi aux Pays-Bas et celle d'un club à la recherche d'un milieu capable d'apporter du rythme, de l'intensité et pouvant encore franchir un voire plusieurs caps majeurs. À Eindhoven, son profil va désormais être confronté à une exigence supérieure.

Une nouvelle dimension au PSV

Un transfert qui récompense sa progression

À Eindhoven, Kodai Sano change de décor autant que de dimension. Après trois saisons à NEC, le milieu japonais rejoint cette fois le triple champion des Pays-Bas en titre. Le PSV vient en effet de décrocher son troisième sacre consécutif en Eredivisie, une domination qui situe immédiatement le niveau d’exigence auquel le Japonais va désormais être confronté.

Le contraste avec son parcours quelques années plus tôt est saisissant. NEC avait recruté Sano en provenance de Fagiano Okayama en 2023. Trois ans plus tard, le Japonais quitte le club de Nimègue après une saison historique, achevée à la troisième place du championnat, pour rejoindre l'équipe qui domine le football néerlandais.

Le transfert s'élève à 14,5 millions d'euros, selon les données communiquées lors de l'opération. À Eindhoven, Sano s'est engagé jusqu'au 30 juin 2031 et portera le numéro 24. La durée de son contrat traduit la volonté du PSV de miser sur lui dans la durée : le club ne recrute pas uniquement un joueur capable de répondre aux besoins immédiats de l'équipe, mais un milieu dont le potentiel doit encore s'exprimer pleinement.

Quel rôle peut-il jouer à Eindhoven ?

La première indication vient directement du PSV : Sano est envisagé comme un milieu très entreprenant. Cette précision donne une idée du rôle attendu dans l'entrejeu, avec une mission qui devrait combiner activité, intensité et capacité à répéter les efforts.

Son expérience à NEC lui offre déjà une base solide pour franchir ce cap. Il connaît l'Eredivisie, son rythme et ses exigences, tout en ayant progressivement évolué vers une position plus centrale. Le changement de club ne constitue donc pas une découverte totale du championnat, mais bien une montée en gamme.

Le défi sera néanmoins d'une autre nature. Sano quitte une équipe qui a terminé troisième avec 59 points pour rejoindre le champion, qui en a récolté 84. Le saut est considérable : la concurrence sera plus forte, les attentes plus élevées et chaque rencontre pèsera davantage dans les ambitions du club.

C'est précisément ce qui rend son arrivée intéressante. À 22 ans, le Japonais ne débarque pas à Eindhoven comme un joueur à construire entièrement. Il arrive après avoir disputé pratiquement 100 rencontres sous le maillot de NEC et fait ses preuves aux Pays-Bas. Le PSV représente désormais le terrain idéal pour vérifier jusqu'où peut aller cette progression.

Kodai Sano et le Japon : une progression attendue

Des sélections de jeunes aux débuts avec les A

Le parcours international de Kodai Sano suit une trajectoire progressive. Après avoir évolué avec le Japon U20, le milieu franchit un cap majeur en mai 2025 lorsque Hajime Moriyasu le convoque pour la première fois avec les Samurai Blue, à l'occasion des deux dernières rencontres des qualifications asiatiques pour la Coupe du monde 2026. La Fédération japonaise de football le place alors parmi les nouveaux visages appelés à renforcer la profondeur du groupe.

Le grand soir arrive le 10 juin 2025, face à l'Indonésie. Le Japon a déjà validé sa qualification pour le Mondial et peut profiter de cette dernière rencontre pour donner du temps de jeu à plusieurs joueurs. Sano entre à la 61e minute dans une rencontre largement dominée par les Samurai Blue, finalement vainqueurs 6-0. Cette première apparition lui permet de franchir une étape symbolique : après avoir progressé dans le football japonais puis aux Pays-Bas, Sano entre enfin dans le cercle de la sélection A.

Son expérience internationale reste néanmoins encore limitée en août 2026. Il compte 2 sélections avec le Japon, sans but. Cette donnée est importante pour comprendre sa situation : Sano a désormais découvert le niveau international, mais il n'a pas encore acquis le statut d'un cadre des Samurai Blue.

La Coupe du monde 2026 manquée, un nouveau cap à franchir

La progression n'a pas été suffisamment rapide pour lui permettre de participer à la Coupe du monde 2026. Malgré ses premières apparitions avec les Samurai Blue, Kodai Sano n'a pas été retenu par Hajime Moriyasu dans la liste finale japonaise pour le tournoi disputé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Son frère Kaishu, lui, faisait bien partie du groupe.

Cette absence ne constitue pas un désaveu définitif. Elle rappelle plutôt la densité de la concurrence au milieu de terrain japonais et le chemin qu'il reste à parcourir au joueur de 22 ans. Sano avait d'ailleurs continué à apparaître dans les convocations de Moriyasu avant le Mondial, notamment lors du rassemblement de mars 2026. Il était entré à la mi-temps contre l'Écosse à Hampden Park (succès 1-0 des Samurai Blue).

Cette première apparition a aussi une résonance particulière. En rejoignant le grand club néerlandais, Sano dispose désormais d'une nouvelle vitrine pour franchir ce dernier palier. La prochaine échéance continentale sera la Coupe d'Asie 2027, organisée en Arabie saoudite. Il devra d'abord s'imposer à Eindhoven avant de convaincre durablement Moriyasu qu'il mérite une place dans la sélection. Après la compétition, son successeur Go Oiwa devra lui aussi être convaincu dans l'optique du Mondial 2030.

À 22 ans, son histoire internationale est donc loin d'être écrite. La Coupe du monde 2026 s'est faite sans lui ; le prochain défi consiste désormais à faire en sorte que la prochaine grande échéance japonaise ne puisse plus l'ignorer.

Conclusion

Kodai Sano arrive désormais à un moment charnière de sa carrière. Son passage au PSV ne constitue pas simplement une nouvelle destination : il représente l’occasion de vérifier, dans un environnement aux exigences supérieures, jusqu’où son potentiel peut réellement le conduire.

À Eindhoven, le Japonais devra transformer les promesses accumulées depuis ses débuts professionnels en une nouvelle référence. C’est justement cette part d’inconnu qui rend son évolution particulièrement intéressante à suivre.

Sano n’est donc pas encore une certitude du football européen. Il est peut-être plus intéressant que cela : une trajectoire en pleine accélération, dont le prochain chapitre pourrait révéler la véritable dimension.

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