Hajime Moriyasu : quel avenir après l'élimination du Japon au Mondial 2026 ?

Foot Japon

7/2/2026

Le sélectionneur du Japon, Hajime Moriyasu
Le sélectionneur du Japon, Hajime Moriyasu

Éliminé par le Brésil (1-2) le 29 juin lors des seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le Japon quitte une nouvelle fois la compétition avant les quarts de finale. Ce nouveau revers relance inévitablement les interrogations autour de l'avenir de Hajime Moriyasu. En poste depuis 2018, le sélectionneur japonais a permis aux Samouraï Blue de franchir plusieurs étapes, sans toutefois réussir à faire tomber le plafond de verre des matches à élimination directe. Son contrat arrivant à échéance, la Fédération japonaise de football doit désormais trancher : faut-il prolonger l'aventure ou ouvrir un nouveau cycle ?

Hajime Moriyasu, le choix de la continuité après le Mondial 2018

Au lendemain de l'élimination du Japon en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018 face à la Belgique (2-3), la Fédération japonaise de football avait rapidement tourné la page. Après le retour des Samouraï Blue à l'aéroport de Narita, son président, Koso Tashima, avait indiqué qu'il ne souhaitait pas prolonger le contrat du sélectionneur Akira Nishino.

Pour lui succéder, la JFA choisit Hajime Moriyasu. À 49 ans, celui-ci appartenait déjà au staff de Nishino tout en dirigeant parallèlement la sélection olympique japonaise des moins de 23 ans. Sa nomination s'inscrivait dans une logique de continuité, sans provoquer de rupture brutale au sein de la sélection.

À cette époque, le nom de l'Allemand Jürgen Klinsmann circulait également pour prendre les commandes de l'équipe nationale. Finalement, la Fédération privilégia un technicien connaissant parfaitement le football japonais et l'environnement des Samouraï Blue.

Un entraîneur reconnu grâce à ses succès en J-League

Avant de devenir sélectionneur du Japon, Hajime Moriyasu possédait déjà un solide palmarès d'entraîneur.

À la tête du Sanfrecce Hiroshima, il avait remporté trois titres de champion du Japon en 2012, 2013 et 2015, ainsi que trois Supercoupes du Japon en 2013, 2014 et 2016. Sous sa direction, le club avait également décroché une remarquable troisième place lors de la Coupe du monde des clubs 2015, derrière le FC Barcelone et River Plate.

Sa carrière de joueur constituait également un atout. Milieu de terrain expérimenté, Moriyasu avait disputé près de 350 rencontres en J-League sous les couleurs du Sanfrecce Hiroshima, du Kyoto Purple Sanga et du Vegalta Sendai.

À l'échelle internationale, il comptait également 35 sélections avec l'équipe nationale japonaise, pour un but inscrit. Une expérience qui renforçait sa légitimité, même si une question demeurait : serait-il capable de faire franchir un nouveau cap aux Samouraï Blue ?

Un bilan contrasté entre trophées régionaux et désillusions continentales

Entre 2018 et 2026, Hajime Moriyasu est resté près de huit ans à la tête de la sélection japonaise.

Durant cette période, il a remporté à deux reprises la Coupe d'Asie de l'Est, en 2022 puis en 2025. Si cette compétition ne possède pas le prestige de la Coupe du monde, elle lui a permis d'enrichir son palmarès tout en testant de nombreux joueurs avant les grandes échéances internationales.

En revanche, le Japon n'est pas parvenu à renouer avec le sacre continental. Après les titres remportés en 1992, 2000, 2004 et 2011, les Samouraï Blue ont disputé seulement une finale de Coupe d'Asie face au Qatar lors de l'édition 2019 (1-3).

Cette même année, le Japon avait également participé à la Copa América. Une présence historique puisque les Nippons ne disputaient cette compétition sud-américaine que pour la deuxième fois de leur histoire. L'aventure s'était toutefois arrêtée dès la phase de groupes.

Coupe du monde 2018 : un huitième de finale perdu au bout du suspense

La Coupe du monde reste le véritable révélateur des ambitions japonaises. C'est lors de cette compétition que Hajime Moriyasu était le moins attendu puisqu'il était l'adjoint d'Akira Nishino.

Lors du Mondial 2018, les Samouraï Blue avaient réussi à sortir de justesse du groupe H. Après une victoire contre la Colombie (2-1), un match nul face au Sénégal (2-2) et une défaite contre la Pologne (0-1), Japonais et Sénégalais terminaient à égalité parfaite.

Les deux équipes comptaient quatre points, avaient inscrit quatre buts et en avaient encaissé autant. Le règlement de la FIFA départagea finalement les deux sélections grâce au classement du fair-play. Le Japon n'avait reçu que quatre cartons jaunes contre six pour le Sénégal, ce qui lui permit de décrocher la deuxième place du groupe.

En huitièmes de finale, les Samouraï Blue retrouvèrent la Belgique.

Pendant plus d'une heure, le Japon sembla en mesure de réaliser le plus grand exploit de son histoire en Coupe du monde. Haraguchi ouvrit le score avant qu'Inui ne double la mise dès le début de la seconde période. À 2-0 après 52 minutes de jeu, les hommes de Nishino faisaient vaciller l'une des meilleures sélections du tournoi.

Mais les Diables Rouges réagirent.

Vertonghen réduisit d'abord l'écart à la 69e minute, avant que Fellaini n'égalise cinq minutes plus tard. Alors que les prolongations semblaient se rapprocher, Chadli crucifia finalement le Japon dans le temps additionnel (94e).

Une nouvelle fois, les Samouraï Blue échouaient aux portes des quarts de finale.

Coupe du monde 2022 : deux exploits historiques avant une nouvelle désillusion

Quatre ans plus tard, le Japon abordait la Coupe du monde au Qatar avec une mission particulièrement compliquée.

Le tirage au sort avait placé les hommes du sélectionneur, Hajime Moriyasu, dans ce qui était considéré comme le « groupe de la mort », aux côtés de l'Espagne, de l'Allemagne et du Costa Rica.

Sur le papier, une qualification semblait extrêmement difficile.

Pourtant, les Samouraï Blue allaient créer la surprise dès leur entrée en lice.

Mené 1-0 après un penalty transformé par Gündoğan, le Japon renversa totalement la rencontre face à l'Allemagne grâce aux buts de Doan puis d'Asano. Cette victoire 2-1 constitua l'un des plus grands exploits de l'histoire du football japonais en Coupe du monde.

Porté par cet immense succès, le Japon semblait avoir pris une sérieuse option sur la qualification.

Mais le deuxième match réserva une immense désillusion.

Face au Costa Rica, pourtant considéré comme l'adversaire le plus abordable du groupe, les Japonais multiplièrent les occasions sans parvenir à concrétiser leur domination. Les Costariciens profitèrent finalement de leur seule véritable opportunité pour inscrire le but victorieux par Fuller à la 81e minute (0-1).

Cette défaite obligeait les Samouraï Blue à réaliser un nouvel exploit lors de la dernière journée.

Face à l'Espagne, le scénario rappela étrangement celui du match contre l'Allemagne.

Rapidement mené après un but de Morata dès la 11e minute, le Japon renversa une nouvelle fois la situation au retour des vestiaires. Doan égalisa à la 48e minute avant que Tanaka ne donne définitivement l'avantage trois minutes plus tard.

Grâce à cette victoire 2-1, les hommes de Hajime Moriyasu terminèrent en tête de leur groupe avec six points, devant deux grandes nations européennes.

En huitièmes de finale, le Japon retrouva la Croatie, finaliste de l'édition 2018.

Les Croates s'appuyaient sur une génération expérimentée emmenée notamment par Modric, Kovacic et Kramaric.

Après l'ouverture du score de Maeda juste avant la pause, Perisic remit les deux équipes à égalité au retour des vestiaires. Malgré les prolongations, aucune sélection ne parvint à faire la différence.

Comme souvent dans ces situations, la séance de tirs au but allait désigner le vainqueur.

Le Japon craqua.

Les Samouraï Blue ne transformèrent qu'un seul tir contre trois pour la Croatie, voyant une nouvelle fois leur rêve de quarts de finale s'envoler.

Malgré cette élimination, la Coupe du monde 2022 demeura l'une des plus belles campagnes de l'histoire du football japonais. Les victoires contre l'Allemagne et l'Espagne confirmèrent les progrès réalisés sous les ordres de Hajime Moriyasu et renforcèrent la confiance de la Fédération japonaise.

Ces performances convainquirent la JFA de prolonger le contrat du sélectionneur jusqu'à la Coupe du monde 2026.

Coupe du monde 2026 : des ambitions élevées, une élimination frustrante

Fort de son parcours convaincant au Qatar quatre ans plus tôt, le Japon abordait la Coupe du monde 2026 avec des ambitions inédites.

La compétition, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, représentait une nouvelle occasion pour Hajime Moriyasu de faire franchir un cap aux Samouraï Blue. Le sélectionneur ne cachait d'ailleurs pas ses ambitions, affirmant vouloir mener le Japon jusqu'au sacre mondial.

Un objectif particulièrement audacieux pour une sélection qui n'avait encore jamais dépassé les huitièmes de finale.

La phase de groupes débuta pourtant de manière encourageante.

Face aux Pays-Bas, les Japonais arrachèrent un match nul spectaculaire (2-2), revenant à deux reprises au score grâce à Nakamura puis Kamada.

Ils enchaînèrent ensuite avec une large victoire contre la Tunisie (4-0). Kamada ouvrit le score, avant qu'Ueda ne signe un doublé et qu'Ito ne participe à la démonstration offensive.

Lors de la dernière journée, les Samouraï Blue assurèrent l'essentiel en obtenant un nouveau match nul face à la Suède (1-1), Maeda inscrivant l'unique but japonais.

Avec cinq points récoltés en trois rencontres, le Japon termina à la deuxième place de son groupe.

Cette édition 2026 marquait également une évolution majeure du format de la Coupe du monde. Désormais disputée par 48 nations, elle ne qualifiait plus les équipes pour les huitièmes de finale, mais directement pour les seizièmes. Le plafond de verre que tentait de briser le Japon se trouvait donc encore plus haut.

Une élimination face au Brésil qui laisse un goût d'inachevé

En seizièmes de finale, le Japon héritait du Brésil.

Même si la Seleção semblait moins dominante que par le passé, elle restait l'une des grandes favorites de la compétition sous la direction de Carlo Ancelotti.

Les performances réalisées par les Samouraï Blue lors de la phase de groupes incitaient toutefois les Brésiliens à la plus grande prudence.

Sur le terrain, le scénario ne fut pas celui espéré.

Très regroupé dans son camp, le Japon adopta une approche particulièrement prudente. Cette stratégie lui permit d'ouvrir le score grâce à Sano à la 29e minute et de préserver son avantage jusqu'à la pause sans subir de véritable danger.

Au retour des vestiaires, la physionomie du match changea complètement.

Le Brésil accentua sa domination et multiplia les offensives. Sous pression, la défense japonaise finit par céder lorsque Casemiro égalisa à la 56e minute.

Malgré quelques séquences de pressing intéressantes, les hommes de Hajime Moriyasu éprouvèrent les plus grandes difficultés à ressortir le ballon et à reprendre le contrôle de la rencontre.

Alors que les prolongations semblaient se rapprocher, Martinelli offrit finalement la victoire au Brésil dans le temps additionnel (95e).

Battu 2-1, le Japon quittait une nouvelle fois la Coupe du monde avant les quarts de finale.

Au-delà du résultat, cette élimination laissa l'impression d'une sélection en manque de progression par rapport aux espoirs suscités après le Mondial 2022.

Quel avenir pour Hajime Moriyasu à la tête du Japon ?

L'élimination contre le Brésil a naturellement relancé le débat autour de l'avenir du sélectionneur.

Les réactions demeurent partagées au Japon.

D'un côté, plusieurs observateurs regrettent la prestation trop prudente livrée face au Brésil et estiment que les Samouraï Blue n'ont pas confirmé les promesses affichées quatre ans plus tôt.

De l'autre, beaucoup rappellent que le Japon a franchi la phase de groupes sans véritable difficulté et que Hajime Moriyasu devait composer avec plusieurs absences majeures.

Minamino, Mitoma et le capitaine Endo étaient forfaits pour cette Coupe du monde en raison de blessures. De son côté, Kubo, victime d'une blessure au ménisque contre les Pays-Bas, n'avait plus rejoué durant la compétition.

Ces absences ont incontestablement réduit les options du sélectionneur, même s'il est impossible d'affirmer qu'elles auraient changé l'issue de la rencontre face au Brésil.

À bientôt 58 ans, Hajime Moriyasu arrive aujourd'hui au terme de son contrat.

L'avenir de Moriyasu reste incertain

Selon des médias japonais, la Fédération serait satisfaite de son travail dans son ensemble et envisagerait de prolonger son contrat jusqu'à la Coupe du monde 2030.

D'autres sources évoquent toutefois la possibilité d'un changement afin d'insuffler une nouvelle dynamique à la sélection.

Parmi les candidats régulièrement cités figure Go Oiwa.

Âgé de 54 ans, l'actuel sélectionneur des moins de 23 ans présente un profil solide. Ancien entraîneur de Nagoya Grampus Eight, du Jubilo Iwata et de Kashima Antlers, il a récemment remporté à deux reprises la Coupe d'Asie U23 (2024 et 2026), après une troisième place obtenue en 2022.

Son parcours de joueur, marqué notamment par quatre titres de champion du Japon, renforce également sa crédibilité.

Pour l'heure, aucune décision officielle n'a été annoncée.

Après huit années passées à la tête des Samouraï Blue, Hajime Moriyasu reste donc suspendu au choix de la Fédération japonaise. Entre la volonté de poursuivre un projet installé depuis 2018 et la tentation d'ouvrir un nouveau cycle, la JFA devra déterminer quelle direction donnera au football japonais dans les années à venir.

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